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  • 29 novembre 2015

    Médicaments illicites: le Bénin frappe un grand coup

    Au Bénin comme dans de nombreux pays, le nombre d’intoxications médicamenteuses augmente.

    Celles-ci peuvent entraîner des affections mortelles, comme des insuffisances rénales et hépatiques ou des crises cardiaques. Au Centre National Hospitalier et Universitaire de Cotonou, une dizaine de personnes en moyenne sont admises chaque jour pour des problèmes rénaux, et au moins l’une d’entre elles succombe: c’est là le résultat direct de la prise de médicaments achetés sur le marché parallèle (on parle de «systèmes parallèles de distribution» lorsque des médicaments sont distribués dans des points de vente ne faisant pas partie du système officiel de distribution et de «marché parallèle» lorsqu’on fait référence à la vente de ces médicaments). Dans le reste du pays, un nombre croissant d’hospitalisations et de décès sont dus à des intoxications médicamenteuses.

    La Direction nationale de la Protection Sanitaire du Bénin estime que, malgré les risques encourus, 85% des Béninois s’approvisionnent sur le marché parallèle. Antibiotiques, antipaludéens et vermifuges sont les médicaments les plus demandés et sont tous d’origine douteuse. Ces médicaments contrefaits et souvent sousdosés proviennent généralement du Gabon, du Nigéria et de certains pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord.

    Le marché parallèle est en grande partie aux mains de vendeurs ambulants qui n’ont ni la formation ni les compétences nécessaires pour délivrer des médicaments. Une étude menée dans dix localités a dénombré 6 000 vendeurs, dont la plupart sont des femmes.

    Le phénomène a pris une ampleur telle que les autorités ont décidé de prendre des mesures. Afin de montrer au public sa détermination à combattre les vendeurs de médicaments illicites, l’armée et la police ont saisi et brûlé plusieurs tonnes de ces médicaments. En collaboration avec l’OMS, les autorités sanitaires ont lancé une série de séances d’information et de formation destinées aux responsables communautaires sur les dangers des médicaments et de leur vente illicite. Participent aux séances des chefs religieux, des commerçants, des agents de santé, des policiers, des élus locaux et des jeunes diplômés sans emploi.

  • 22 novembre 2015

    Les géants de la pharmacie misent sur l'Afrique

    Selon IMS, le marché pharmaceutique africain devrait atteindre 30 milliards de dollars (22,1 milliards d'euros) en 2016 et 45 milliards en 2020.
    Après la Chine et l'Inde, l'Afrique est le nouvel eldorado de la pharmacie. 

    Depuis quelques années, les grands laboratoires se bousculent sur le continent africain, Sanofi en tête. Au printemps, le laboratoire français a inauguré une gigantesque plate-forme logistique au Maroc, près de Casablanca, et démarré en septembre la construction d'une troisième usine en Algérie.
    Dans ces deux pays, le géant de la pharma française a aussi signé des conventions avec les ministères de la santé pour améliorer le suivi de maladies comme l'hypertension artérielle, le diabète ou l'hyperlipidémie. Implanté depuis cinquante ans en Afrique du Nord, Sanofi dispose, avec ces nouveaux investissements et une implantation de longue date en Afrique du Sud, d'une solide tête de pont pour partir à la conquête du le continent.

    RECUL DU SIDA ET DU PALUDISME

    Selon un rapport de la Banque mondiale, en Afrique, les maladies dites de civilisation (maladies cardiovasculaires, diabète, cancer, etc.) seront à l'origine de 46 % des décès en 2030 contre 28 % en 2008. L'explication est simple : avec la réduction spectaculaire de la mortalité liée à des maladies comme le paludisme ou le sida, les Africains vivent désormais suffisamment vieux pour développer d'autres pathologies.

    « L'Afrique devient un marché extrêmement intéressant et nous continuons à y étendre notre présence commerciale », soulignait ainsi Chris Viehbacher, le directeur général de Sanofi, en février. Dans le sillage du français, de nombreux laboratoires, dont le suisse Novartis et le britannique GSK, avancent leurs pions sur ce continent longtemps abordé par le seul biais de l'humanitaire.

    Leur stratégie : « Se positionner aux côtés des autorités de santé pour contribuer à la structuration du système de santé, avec des propositions globales de prise en charge et de dépistage », décrypte Vincent Genet chez Alcimed. Les « Big Pharma » adaptent aussi leur portefeuille avec des médicaments qualifiés de « good enough medicines », qui, sans être à la pointe, apportent une vraie avancée thérapeutique à un prix compétitif.

    Une évolution d'autant plus nécessaire que les labos indiens et chinois les ont devancés dans bien des pharmacies africaines avec des génériques low-cost.

    Le Monde économie

  • 9 novembre 2015

    Le régime alimentaire des habitants d'Afrique de l'Ouest est l'un des plus sains au monde

    Au menu, moins d'aliments transformés et plus de produits frais.

    Selon une étude publiée par la revue Lancet Global Health, les habitants du Sénégal, Tchad, Sierra Leone et Mali ont un régime alimentaire parmi les plus sains au monde. Les recherches ont porté sur 187 pays en 1990 et 2010. Les auteurs de l'étude, issus de l'université de Cambridge, ont analysé la consommation de denrées alimentaires saines pour l'être humain, comme les fruits, les légumes ou le poisson. Autant d'aliments qui contiennent de nombreuses fibres et de l'omega-3, explique le site d'informations Quartz. Ils ont aussi étudié à la loupe la consommation d'aliments nocifs pour la santé comme les sodas, les produits saturés en graisse ou la viande transformée.
    Il ressort de cette étude que les habitants d'Afrique subsaharienne et particulièrement ceux d'Afrique de l'Ouest adoptent un régime alimentaire très sain, à l'inverse des Européens ou des Américains. «Probablement parce que leur régime comprend des viandes maigres, des légumes et des amidons de base, avec moins d'aliments transformés qu'ailleurs», note Quartz.
    La qualité pas la quantité
Cependant, l'une des limites de l'étude est que les chercheurs ne s'intéressent qu'à la nature des aliments consommés et non pas à leur quantité. «Ne regarder que la qualité du régime alimentaire n'est pas parfait, nous le savons», reconnaît l'un des auteurs de l'étude. «Mais nous n'avions vu jusque là que très peu de choses sur la qualité des régimes alimentaires et sur quoi les gens mangent vraiment.»
La conclusion de l'article paru dans The Lancet Global Healthy indique que si la consommation d'aliments sains pour la santé a augmenté entre 1990 et 2010 à travers le monde, il en va de même pour la nourriture nocive pour le corps humain. Dans le futur, les régimes alimentaires des populations africaines risquent aussi d'englober plus d'aliments transformés à cause de l'urbanisation et de la sédentarisation des modes de vie.
    Slate Afrique