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  • 2 février 2019

    Le tradipraticien, acteur marginalisé en Afrique francophone

    Malgré la popularité de la médecine traditionnelle, celle-ci demeure peu régulée et mal identifiée dans les discours de santé publique.

    Selon les données de l’OMS, 80 % de la population africaine a recours à la médecine traditionnelle pour répondre à leurs besoins en matière de soins. Cela pourrait amener à croire que le tradipraticien est un acteur de santé publique reconnu et valorisé. Pourtant, l’activité du praticien reste très peu réglementée dans plusieurs pays d’Afrique francophone. 
Le tradipraticien est une personne reconnue par la collectivité dans laquelle elle vit comme compétente pour diagnostiquer des maladies et invalidités y prévalant et dispenser des soins grâce à l’emploi de substances végétales, animales ou minérales, et d’autres méthodes fondées sur le fondement socioculturel et religieux, aussi bien que sur les connaissances, comportements et croyances liés au bien-être physique, mental et social de la collectivité.
L’appellation « tradipraticien » inclut également les accoucheuses traditionnelles, les herboristes et les tradithérapeutes. 
Le tradipraticien est considéré comme le dépositaire du savoir ancestral qu’il a pour mission de répandre dans la société. Le recours à lui résulte aussi bien de la science qu’il possède ou est censé posséder que du sentiment qu’a la société de passer par cet intermédiaire utile pour obtenir l’opinion des ancêtres.
L’un des principaux griefs fait à la médecine traditionnelle est l’approche méthodologique considérée comme approximative. On se demande si la médecine à base de plantes naturelles ne présenterait pas de sérieux dangers, notamment en raison de la difficulté à prescrire de bons dosages.  
Sur le plan factuel, l’enthousiasme suscité par l’extension de la médecine conventionnelle s’est vite estompé devant la révélation d’obstacles difficiles à surmonter pour les populations. Ainsi, l’insuffisance d’accès aux médicaments essentiels et le faible pouvoir d’achat des populations justifient le renouvellement incessant de l’engouement pour la médecine traditionnelle. Rien que pour les frais de visite médicale, le montant varie entre 10 000 et 15 000 francs CFA pour les médecins, alors que les tradipraticiens accepteraient volontiers le dixième ou moins du même montant pour des prestations de qualité acceptable, si l’on en juge par la fréquence de leur clientèle.
En Afrique francophone, la problématique est symptomatique des crises civilisationnelles que traverse la société. Dans une perspective historique, ces pays ont tous connu la domination étrangère, avec pour conséquence une tendance à placer dans un rapport hiérarchique la médecine moderne au-dessus de la médecine traditionnelle. Or, il est important d’établir des règles claires pour régir l’activité des tradipraticiens. Des exemples réussis, comme ceux de la médecine traditionnelle chinoise, pourraient inspirer le législateur.
Source Le Monde Afrique, décembre 2018.



  • 22 décembre 2018

    Le business des faux médicaments ravage l'Afrique

    Vaccins, antirétroviraux, antipaludéens contrefaits : l'Afrique est devenue le terrain de jeu préféré des trafiquants de faux médicaments. Un business lucratif qui fait chaque année des centaines de milliers de victimes.

    Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un médicament sur 10 dans le monde est une contrefaçon. Mais ce chiffre peut atteindre 7 sur 10 dans certains pays, notamment en Afrique.
“Pour vendre des faux médicaments, il faut avoir une clientèle, or les malades pauvres sont plus nombreux sur le continent africain que partout ailleurs dans le monde”, explique le professeur Marc Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. 
“Au moins 100.000 personnes” meurent chaque année en Afrique à cause de faux médicaments, selon l'OMS. Mais en 2013, 122.000 enfants de moins de cinq ans sont décédés en Afrique subsaharienne après avoir pris des antipaludéens contrefaits.
Les criminels profitent du fait qu'à l'inverse du trafic de stupéfiants, le commerce de faux médicaments demeure largement impuni dans le monde, étant considéré comme un simple délit de violation de la propriété intellectuelle.
Un commerce plus rentable que celui du cannabis
Interpol a annoncé en août 2017 la saisie de 420 tonnes de produits médicaux de contrebande en Afrique de l'Ouest, dans le cadre d'une vaste opération qui a mobilisé un millier d'agents de police, des douanes et d'agences de réglementation des produits de santé de sept pays: Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Niger, Nigeria et Togo. 
Le business de la contrefaçon des médicaments arrive en tête des trafics illicites. Il rapporte même plus que le trafic de cannabis.
“Ce phénomène prend de l’ampleur : l'attractivité financière est en effet très forte et des organisations criminelles de toutes tailles sont impliquées dans ce trafic”, souligne Geoffroy Bessaud. “Un investissement de 1.000 dollars peut rapporter jusqu’à 500.000 dollars alors que pour le même investissement, le trafic d’héroïne ou de fausse monnaie rapporte 20.000 dollars”. Selon lui, le trafic de faux médicaments "est un des principaux fléaux du vingt-et-unième siècle".
Quelle mobilisation ?
Face à un "drame universel", les spécialistes appellent à une mobilisation internationale. Le groupe Sanofi, en pointe dans la lutte, affirme avoir démantelé en 2016 27 laboratoires clandestins, dont 22 en Chine, en Indonésie, en Ukraine et en Pologne. Le groupe dispose d'un système de gouvernance qui détecte les produits contrefaits et les achemine à son laboratoire central d'analyse de contrefaçon à Tours.
Les états pauvres ne disposent, eux, pas des moyens suffisants pour s'attaquer réellement aux trafiquants de médicaments, qui innovent en permanence pour échapper aux contrôles.
Source France Info, janvier 2018

  • 18 décembre 2018

    Sida en Afrique
    Progrès et contrastes