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  • 31 octobre 2019

    L’Afrique veut en finir avec la maladie du sommeil

    Causée par un parasite et transmise par la mouche tsé-tsé, la trypanosomiase humaine africaine est mortelle si elle n’est pas diagnostiquée et traitée à temps.

    Au XXe siècle, elle a provoqué des hécatombes : la maladie du sommeil, transmise par la mouche tsé-tsé, est en passe d’être éliminée en Afrique. A condition de ne pas relâcher l’effort de lutte.
    La maladie du sommeil épuise ceux qui en sont atteints. Après une phase de fièvres et de maux de tête, le malade dort le jour, mais plus la nuit. Il devient fou quand le cerveau est atteint puis tombe dans la coma et décède en quelques mois ou quelques années.
    Des équipes de médecins entomologistes de Bouaké, en Côte d'Ivoire sillonnent régulièrement les campagnes pour sensibiliser les populations et détecter les malades. La glossine, nom scientifique de la mouche tsé-tsé, vit en effet le long des marigots et dans les champs, s’épanouissant dans les zones humides et ombragées. Les paysans et leurs familles sont donc les premiers touchés.
    Le dépistage se fait sur la place devant la maison du chef de village. Petit à petit, les habitants arrivent. Un premier agent les recense et les questionne sur d’éventuels symptômes. Puis on leur prélève une goutte de sang, qui est immédiatement analysée à l’aide d’un petit laboratoire de campagne. Si c’est positif, des examens plus poussés seront effectués à l’hôpital de Sinfra, la ville voisine.
    Paradoxalement, grâce au succès de la lutte, « la population ne ressent plus la maladie comme une menace ». Du coup, de nombreux habitants, surtout les jeunes, ne viennent plus spontanément se faire dépister, alors que le risque est toujours présent.
    Seulement 1 000 cas recensés en 2018
    Le traitement par injection ou par perfusion (suivant le stade de la maladie), assez lourd, nécessite une hospitalisation d’une semaine à dix jours. Il est gratuitement fourni par l’OMS dans toute l’Afrique. Un traitement révolutionnaire avec un seul comprimé en prise unique est en phase de test. La Côte d’Ivoire est en pointe dans la lutte contre la trypanosomiase, avec seulement huit cas détectés depuis 2015. Il vise l’arrêt de la transmission dès 2025.
    Sur l’ensemble de l’Afrique, seul continent où la maladie est présente, seulement 1 000 cas de THA ont été recensés en 2018. Un chiffre sans commune mesure avec le pic de 300 000 malades estimés par l’OMS dans les années 1990. L’OMS vise un arrêt total des infections d’ici à 2030.

  • 5 mars 2019

    Un chiffre qui donne le vertige

    Selon l’Organisation mondiale de la santé, un médicament sur dix vendus dans le monde est un faux.

    A moins de trois mois des élections européennes, cette mesure est la preuve que l’Union Européenne peut avoir une réelle utilité : un nouveau code informatique, apposé depuis quelques semaines sur toutes les boîtes de médicaments vendues en Europe, permet d’attester que le produit n’est ni contrefait ni détérioré. Une mesure prise pour lutter contre un trafic de médicaments qui prend de plus en plus d’ampleur à l’échelle mondiale, menaçant même de détrôner le trafic de stupéfiants en termes de rentabilité. Les chiffres en attestent : selon l’Organisation mondiale de la santé, un médicament sur dix vendus dans le monde est un faux. Ce chiffre donne le vertige, surtout quand on sait que ce trafic tue. En Afrique notamment, où la production et la vente de faux remèdes entraînent la mort, chaque année, de quelque 100 000 personnes. Un vrai problème de santé publique dont les pays africains commencent tout juste à prendre la mesure. Ils viennent de s’entendre pour créer une Agence africaine du médicament apte à combattre ce fléau du faux, mais il faudra du temps avant que les mauvaises pratiques et les circuits soient réduits à néant. Comme souvent, ce sont les plus pauvres qui trinquent, abusés par des beaux parleurs qui profitent de leur misère et de leur désarroi. Agir au niveau européen c’est bien, au niveau africain c’est encore mieux, mais ce ne doit être qu’un début. On ne viendra à bout du trafic de médicaments qu’à l’aide d’une action internationale concertée. Et celle-ci doit impérativement inclure les grands laboratoires pharmaceutiques qui, pour préserver leurs brevets, jouent parfois un rôle un peu trouble en entretenant la confusion entre médicaments trafiqués et médicaments génériques.
Sources : Libération, lundi 4 mars 2019

  • 2 mars 2019

    Contrefaçon, faux…

    Quelle différence entre médicament contrefait, faux médicament et médicament sous-standard ou non conforme, médicament générique ?

    Médicament contrefait : La convention Médicrime du Conseil de l’Europe définit la contrefaçon de médicaments comme «la présentation trompeuse de l’identité ou de la source». Ce terme a une connotation juridique qui insiste sur la notion d’atteinte aux droits à la propriété intellectuelle. Pour l’OMS, un médicament contrefait est un produit délibérément et frauduleusement muni d’une étiquette n’indiquant pas son identité véritable. Parmi les médicaments contrefaits, certains peuvent contenir les bons principes actifs ou n’en contenir aucun.
    Faux médicament : Pour l’Institut de recherche anticontrefaçon des médicaments, la falsification est «l’action d’altérer un produit volontairement en vue de tromper». Le terme «falsification» met l’accent sur les risques d’atteinte à la santé publique.
    Médicament sous-standard ou non conforme : Ce sont d’authentiques médicaments produits par des fabricants qui ne respectent pas les standards de qualité élaborés dans le cadre national. Ces médicaments peuvent être sous-dosés ou mal étiquetés.
    Médicament générique : Il est conçu à partir de la molécule d’un médicament déjà autorisé (appelé médicament d’origine ou princeps) dont le brevet est désormais tombé dans le domaine public. Il doit avoir la même composition qualitative et quantitative en principes actifs, la même forme pharmaceutique que le princeps et démontrer qu’il a la même efficacité thérapeutique.
Sources : Libération, lundi 4 mars 2019