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  • 22 décembre 2018

    Le business des faux médicaments ravage l'Afrique

    Vaccins, antirétroviraux, antipaludéens contrefaits : l'Afrique est devenue le terrain de jeu préféré des trafiquants de faux médicaments. Un business lucratif qui fait chaque année des centaines de milliers de victimes.

    Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un médicament sur 10 dans le monde est une contrefaçon. Mais ce chiffre peut atteindre 7 sur 10 dans certains pays, notamment en Afrique.
    “Pour vendre des faux médicaments, il faut avoir une clientèle, or les malades pauvres sont plus nombreux sur le continent africain que partout ailleurs dans le monde”, explique le professeur Marc Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales.
    “Au moins 100.000 personnes” meurent chaque année en Afrique à cause de faux médicaments, selon l'OMS. Mais en 2013, 122.000 enfants de moins de cinq ans sont décédés en Afrique subsaharienne après avoir pris des antipaludéens contrefaits.
    Les criminels profitent du fait qu'à l'inverse du trafic de stupéfiants, le commerce de faux médicaments demeure largement impuni dans le monde, étant considéré comme un simple délit de violation de la propriété intellectuelle.
    Un commerce plus rentable que celui du cannabis
    Interpol a annoncé en août 2017 la saisie de 420 tonnes de produits médicaux de contrebande en Afrique de l'Ouest, dans le cadre d'une vaste opération qui a mobilisé un millier d'agents de police, des douanes et d'agences de réglementation des produits de santé de sept pays: Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Niger, Nigeria et Togo.
    Le business de la contrefaçon des médicaments arrive en tête des trafics illicites. Il rapporte même plus que le trafic de cannabis.
    “Ce phénomène prend de l’ampleur : l'attractivité financière est en effet très forte et des organisations criminelles de toutes tailles sont impliquées dans ce trafic”, souligne Geoffroy Bessaud. “Un investissement de 1.000 dollars peut rapporter jusqu’à 500.000 dollars alors que pour le même investissement, le trafic d’héroïne ou de fausse monnaie rapporte 20.000 dollars”. Selon lui, le trafic de faux médicaments "est un des principaux fléaux du vingt-et-unième siècle".
    Quelle mobilisation ?
    Face à un "drame universel", les spécialistes appellent à une mobilisation internationale. Le groupe Sanofi, en pointe dans la lutte, affirme avoir démantelé en 2016 27 laboratoires clandestins, dont 22 en Chine, en Indonésie, en Ukraine et en Pologne. Le groupe dispose d'un système de gouvernance qui détecte les produits contrefaits et les achemine à son laboratoire central d'analyse de contrefaçon à Tours.
    Les états pauvres ne disposent, eux, pas des moyens suffisants pour s'attaquer réellement aux trafiquants de médicaments, qui innovent en permanence pour échapper aux contrôles.
    Source France Info, janvier 2018

  • 18 décembre 2018

    Sida en Afrique
    Progrès et contrastes

  • 16 décembre 2018

    En Afrique, le changement climatique entraîne une multiplication des épidémies

    Selon l’Organisation mondiale de la santé, les moustiques vecteurs de maladies tendent à se répandre à l’échelle du continent.

    Gabriel Mabikina vit depuis plus de soixante-dix ans à Pointe-Noire, au Congo. Chef de sa communauté, il connaît la région par cœur et ce qu’il observe depuis quelques années l’inquiète beaucoup : une présence accrue d’insectes dangereux, notamment de moustiques porteurs de maladies infectieuses dévastatrices. De manière instinctive, il attribue la pullulation de ces insectes à des modifications des rythmes saisonniers et à des changements dans l’équilibre de l’écosystème.
    Il n’a pas tort. Sa perception purement empirique de son environnement est corroborée par des données scientifiques relevées au cours des dix dernières années. D’après une collecte d’informations réalisée en 2016 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et basée sur diverses études et enquêtes dans la région, on observe une recrudescence d’Aedes aegypti dans toute l’Afrique, y compris certains pays d’Afrique du Nord. Ce type de moustique est vecteur de maladies comme la fièvre jaune, la dengue, la fièvre à virus Zika ou encore la maladie à virus chikungunya.
    Les risques d’épidémie majeure sont réels et constituent une menace pour le continent et la santé de ses habitants. Les faits sont là pour le prouver : des épidémies de fièvre jaune ont été relevées en Erythrée en 2005, à Madagascar en 2006, au Mali et en Côte d’Ivoire en 2008, en Angola en 2015 et 2016, en République démocratique du Congo (RDC) en 2016 et au Nigeria en 2017 et 2018. De même, la présence du virus Zika a été confirmée plusieurs fois dans des pays africains.
    En outre, d’autres insectes vecteurs qui, dans le passé, n’existaient pas en Afrique, comme Aedes albopictus, plus communément connu sous le nom de moustique-tigre et porteur du même type de maladies, ont fait leur apparition dans certaines régions. Les moustiques Aedes sont d’autant plus nocifs qu’ils n’ont pas besoin de grandes réserves d’eau pour se reproduire et qu’ils prennent leur repas sanguin dans la journée et l’après-midi, quand la population est la plus exposée.
    Cette recrudescence d’insectes vecteurs de maladies infectieuses est attribuée en partie à l’augmentation des échanges internationaux et du tourisme, mais surtout au changement climatique. D’après certaines études réalisées à l’échelle globale, celui-ci aurait pour effet d’accroître les zones où le climat est propice à la multiplication de ces insectes. Le rapport 1,5°C sur le climat et la santé, publié en octobre par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’annonce clairement : « Les preuves sont de plus en plus irréfutables que les variations météorologiques associées au changement climatique modifient l’étendue géographique, les saisonnalités ainsi que l’intensité de la transmission des maladies infectieuses. »
    En d’autres termes, les vecteurs Aedes pourraient se répandre bien au-delà de leur zone actuelle d’ici à 2030, de même que le moustique anophèle, vecteur du paludisme, pourrait changer de zone géographique en fonction du réchauffement climatique. Une poussée de cette maladie, la plus fatale pour l’Afrique, a d’ailleurs été notée récemment dans beaucoup de pays du continent, avec 219 millions de cas et 435 000 décès en 2017, dont la plupart en Afrique. Dans le monde entier, 3,1 milliards de dollars (environ 2,6 milliards d’euros) ont été investis dans la lutte contre le paludisme en 2017.